Interview Erika Vlieghe face à la situation sanitaire

La Meuse - 22 octobre 2020

Erika Vlieghe. Comment jugez-vous la situation ?

La situation est très grave. Il faut vraiment être aveugle pour ne pas le voir. Les hôpitaux se sont remplis rapidement et certains ne peuvent plus suivre. Et il y en a d’autres qui vont se retrouver dans cette situation.

Certaines régions sont davantage touchées…

Il y a Liège, Bruxelles, le Hainaut… La Flandre, elle, est actuellement moins touchée. Mais attendons de voir comment cela va évoluer. Il est difficile de prévoir le futur, mais la Belgique est un pays où tout le monde est proche. Si dans la vie sociale, il y a une distinction assez forte entre les communautés, ce n’est pas pour cela que cela ne peut pas empirer en Flandre !

Concrètement, que faut-il faire ?

Il n’y a pas de solutions miracle, mais il y a quand même des choses à faire ! Il ne faut pas juste subir la situation. Comme vous savez, en tant que scientifiques, nous avons expliqué plusieurs fois dans la presse qu’il était temps de passer à l’action. Hélas, on nous a qualifiés de « paniquants »… C’était frustrant. Aujourd’hui, la circulation du virus est tellement intense qu’il faut une thérapie de choc.

Que voulez-vous dire par « Thérapie de choc ?

Il faut réduire drastiquement tous les contacts non-essentiels entre les gens. Et il faut bien réfléchir à la manière d’y arriver. Au travail, à l’école, dans les études, dans le sport, dans les loisirs… Chaque jour, nous avons de nombreux contacts. Il faudra les réduire au maximum pour quelques semaines.

Cela ne doit pas forcément passer par un confinement ?

Non. Il faut plutôt décrire cela comme un « time-out sociétal ». Au niveau des mesures, il y a plusieurs possibilités et c’est le comité de concertation qui va se pencher sur le sujet. Espérons que les mesures prises la semaine dernière auront déjà des effets. Mais sur plusieurs plans, de nouvelles mesures doivent permettre de limiter les contacts à ceux qui sont essentiels. Le commissaire Pedro Facon a préparé une note, en concertation avec le Celeval qui apporté ses commentaires.

Une première réunion du comité de concertation a été avancée à ce jeudi soir. C’est un bon signe ?

C’est un signe que le monde politique prend la situation au sérieux. Et qu’il y a des soucis. La situation est complexe et il faudra du temps pour se concerter et prendre des décisions. Rappelons que comme scientifiques, nous sommes toujours à la disponibilité du monde politique pour éclaircir certains points

Des confinements locaux existent en Allemagne. Cela aurait-il du sens chez nous ?

Le concept de « lockdown » est un peu brûlé. Mais peut-être faut-il penser à des mesures bien ciblées au niveau régional. Rappelons que la Belgique est un petit pays très connecté et qu’il est vraiment difficile de verrouiller une région entière. Mais cela n’empêche pas que les gouverneurs et les bourgmestres ont déjà la possibilité d’aller plus loin…

La province d’Anvers a pris des mesures strictes au mois d’août…

Cela avait été très critiqué mais cela a fonctionné. Ce n’était pas un lockdown complet. C’était un paquet de mesures très strictes accompagné d’intenses communications.

Dernière question : est-il important d’agir vite ?

 

Il important de ne pas traîner…

 

Guillaume Barkhuysen

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Date de dernière mise à jour : 22/10/2020