Lettre ouverte Marc Wathelet du 21/10/ 2020

Acte 2, bis repetita non placent

Ma dernière lettre ouverte, envoyée par courriel à nos gouvernements et parlements aujourd'hui.

Chers dirigeants, chers concitoyens,

Le déni face à la réalité de notre situation sanitaire persiste en Belgique, et cet aveuglement ne peut qu’avoir des conséquences désastreuses pour tous le pays.

Acte 1.
En mars, ce déni nous a couté près de 10.000 vies ainsi que l’incapacité d’un grand nombre d’individus qui continuent à souffrir d’une COVID persistante, et tous les dommages collatéraux, psychologiques, sociaux et économiques associés au confinement qui a du être imposé.

Pourtant, si nous avions alors fait face à la réalité, si nous avions confiné seulement une semaine plus tôt en mars, la majorité de ces décès et de ces dommages auraient pu être évités. Nous répétons cette erreur aujourd’hui ! Pourquoi ?

Si nous avions tiré les leçons de nos erreurs lors de la première vague, nous aurions pu sortir du confinement dans des conditions permettant de réduire la circulation du virus au point où une rentrée scolaire aurait été envisageable, pour peu que le répit de la saison estivale ait été mis à profit pour vraiment préparer cette rentrée.

Au lieu de suivre un plan rationnel [https://tinyurl.com/yd5pk4n6] pour sortir du confinement et organiser tout ce qui est nécessaire pour une rentrée scolaire dans des conditions sanitaires durables, nous avons continué nos petits jeux politiques en ignorant encore et toujours la réalité de ce coronavirus et les conséquences néfastes de ne pas contrôler sa propagation.

Pour toute personne comprenant la dynamique exponentielle de la propagation d’une maladie virale respiratoire et le rôle des écoles comme moteurs de transmission, les conditions absurdes proposées pour cette rentrée scolaire garantissaient une deuxième vague substantielle qui ne pouvait que conduire à un nouveau confinement, et avec lui son cortège d’effets collatéraux si nuisibles à notre société [https://tinyurl.com/y5mr9zrs].

Acte 2. Bis repetita non placent
Ces avertissements ont été ignorés et tragiquement, alors que la perte du contrôle de la propagation du virus est manifeste depuis le début de ce mois, les mesures qui s’imposent ne sont toujours pas prises à ce jour, ce qui ne peut que conduire à plus de décès évitables, une nouvelle saturation des hôpitaux avec la dégradation des soins de santé hors COVID qui l’accompagne, et une nouvelle catastrophe économique.

Trois semaines trop tard, le gouvernement répond avec des mesures, qualifiées de courageuses et drastiques, comme la fermeture de l’Horeca, mais qui en réalité sont très largement insuffisantes pour contrôler l’épidémie.

Pour comprendre pourquoi, comparons notre situation sanitaire à une barque qui prend eau par plusieurs trous : le gouvernement a furieusement débattu pendant trois jours le colmatage d’une de ces fuites, l’Horeca. Oui l’Horeca est une source de contamination importante, mais il y a trois sources beaucoup plus importantes à contrôler et on refuse d’en discuter : le travail et l’école, ainsi que les transports en commun pour s’y rendre.

La contamination au travail.
De nombreux ministres dans nos divers gouvernements ont déjà été contaminés par le virus. Ne respectent-ils pas toutes les mesures sanitaires ou est-ce que les mesures sanitaires sont inadéquates ? Un peu des deux sans doute, vu les manquements observés quand ils sont filmés, mais c’est surtout que nos mesures sanitaires telles que pratiquées ne sont pas suffisantes pour contrôler le virus.

Monsieur Vervoort, Ministre-Président de la Région de Bruxelles et un des contaminés, vient d'avoir une épiphanie: la distanciation ne suffit pas à l'intérieur! En précisant qu’il n’est pas un scientifique, il conclut qu’il faut distance plus masque, ce qu’il fera à l’avenir. Bravo Monsieur Vervoort, votre analyse est bien meilleure que celle de certains « experts » médiatisés.

Le masque est une mesure indispensable.
Au travail, que ce soit en entreprise, usines ou bureaux, dans les administrations, dans tout espace clos où des individus se retrouvent rassemblés, la distanciation n’est pas une mesure suffisante pour un virus qui peut se transmettre par aérosol, qui peut rester en suspension dans l’air. Le masque est une mesure indispensable et d’autant plus efficace que le masque est de qualité et utilisé correctement.

Le retour du terrain indique que dans tous les secteurs on retrouve de bons et de mauvais élèves, des endroits où toutes les règles sont scrupuleusement respectées et d’autres où elles sont négligées ou bafouées, profitant du flou introduit par l’idée que le masque ne serait nécessaire que si la distanciation ne pouvait pas être respectée. Il est indispensable d’imposer la règle que le masque doit toujours être porté à l’intérieur en présence d’autrui. Sans cette mesure, le contrôle du virus est simplement impossible dans les circonstances de notre pays.

La contamination dans l’enseignement.
Ce qui est vrai dans le monde du travail est tout aussi valable dans les crèches, les écoles et l’enseignement supérieur, bien sûr, puisque qu’une particule virale est un objet inanimé qui voyage au gré des mouvements d’air : le port du masque par tous est indispensable si nous souhaitons un enseignement en présentiel.

Culturellement, il semble qu’une partie de la population considère l’imposition du port du masque aux enfants comme une forme de maltraitance. Nous sommes dans une situation où notre culture doit s’adapter si elle souhaite le maintien de l’enseignement en présentiel ; on peut faire valoir que dans la situation où un enfant se retrouve être un des maillons d’une chaine de transmission au conséquence funeste pour sa famille, l’impact bien réel sur la vie de cet enfant constituerait une forme de maltraitance beaucoup plus sévère que celle imaginée pour le port d’un masque.

Politiquement, le déni persiste.
Le mot d’ordre a été donné depuis le mois de juin, les écoles ouvertes, à tout prix, quoi qu’il arrive. L'Aviq, l’agence pour une vie de qualité (sic), recensait récemment 3.078 clusters: 2.597 clusters familiaux et 481 clusters collectivité dans le sud du pays. Dans les collectivités, 46% des clusters sont recensés dans les écoles, 25% sont autres, 18% dans les hautes écoles, 9% en entreprise et 2% dans la petite enfance. Une interprétation absurde de leur enquête dont la méthodologie ne permet pas de déterminer la direction des contaminations puisque les enfants sont le plus souvent asymptomatiques et insuffisamment dépistés.

Le retour du terrain est que les enquêteurs sont biaisés, ils attribuent une contamination à l’école en dernier ressort, si toute autre possibilité a pu être écartée. Ils essayent de nous dire: ce ne sont pas dans les écoles et les entreprises que les contaminations se font, mais bien à la maison. Et comment le virus arriverait-il à la maison, on se demande, par le chat ou par le chien? Ou bien est-ce de la génération spontanée, pourtant réfutée par Pasteur il y a bien longtemps ?

Le retour de nombreux parents, dont Madame Christie Morreale, Ministre pour la Santé dans le gouvernement wallon, est que le virus leur est venu de l’école ou du travail avant de se transmettre au sein de leur famille et ces observations anecdotiques sont confirmées par pratiquement toutes les publications scientifiques sur le sujet.

La Task force pédiatrique sévit toujours.
Madame Caroline Désir, ministre de l’éducation pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, a décidé d’octroyer un million d’euros à la Task force pédiatrique pour « analyser plus finement la transmission du virus dans les écoles primaires ». Pour analyser plus finement, il faudrait un dépistage massif et un traçage efficace, que nous n'avons pas la capacité ou la volonté politique de mettre en place.

Donc on se pose la question de à quoi servira cette étude dont nous aurons les résultats beaucoup trop tard pour être utiles. On pardonnera ceux qui anticipent une étude qui viendrait « démontrer » à posteriori leur position absurde que les enfants en primaire ne transmettent pas ou très peu le coronavirus.

Et quelques jours après cette annonce, surprise, la Task Force revient avec son message qu'il ne faudra absolument jamais fermer les écoles quelque soit la situation épidémique, en dépit du bon sens, des études scientifiques et de la raison.

Encore une fois leur justification, pour maintenir les écoles ouvertes, du dommage psychologique de l’enfant privé d’enseignement en présentiel et avec une vie sociale limitée, n’est pas mis en balance avec le dommage psychologique que subiraient les enfants s’ils devaient ramener le virus chez eux, avec des conséquences néfastes pour un proche, ou à l’inverse amener le virus à l’école avec des conséquences néfastes pour autrui.

Chronique d’une deuxième vague annoncée.
Et c’est bien cette dynamique de transmission, où différentes collectivités, à l’école et au travail, sont mises en contact par l’intermédiaire des familles, qui fait que la situation épidémiologique est occupée à exploser dans notre pays. La bulle de quelques uns qui devient une bulle de 11 millions, c’est ça la conséquence des mesures sanitaires inadéquates déployées dans notre pays. Qu’est-ce que le gouvernement propose ? De garder les écoles ouvertes et de fermer les familles…?

Madame Morreale nous explique que maintenant "La vigilance est grande et il s'agit non plus de réagir mais d'anticiper au maximum les mesures les plus adaptées." Discours de politicien où les mots perdent tous leur sens, le gouvernement continue dans son mode réactif de demi-mesures trop tardives, et il est bien trop tard pour anticiper maintenant puisque la machine à remonter le temps n’est pas de ce monde.

Anticiper, cela aurait du se faire fin juin quand le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem nous disait. "On a effectivement, sur la moyenne des sept derniers jours, une augmentation de 6% du nombre de cas. Ces 6 % sont essentiellement chez les enfants de 0 à 9 ans - dû à la réouverture des écoles, mais elles vont bientôt fermer - et chez les adultes de 30 à 40 ans."

Le rôle des écoles comme moteur de transmission est indiscutable [https://tinyurl.com/y5jmdbzo], mais à part l’aveu ci-dessus, les experts du gouvernement, de la Task force pédiatrique à Sciensano en passant par le RAG et Celeval, n’en démordent pas publiquement : les écoles ouvertes, pas de soucis.

Anticipation.
Anticiper, cela aurait du se faire pendant tout l’été, notamment en imposant le port du masque généralisé au travail à la sortie du confinement, pour réduire au maximum la circulation du virus avant la rentrée scolaire, et en s’occupant du problème très sérieux de la ventilation dans les bâtiments, malgré en avoir été averti dès le mois de mai [https://tinyurl.com/yd5pk4n6].

Qu’a fait le gouvernement pour anticiper le problème ? Rien, apparemment, tandis que notre voisin, l’Allemagne, dépensait 500 millions d’euros en purificateurs d’air pour corriger leur situation. La cigale et la fourmi.

Il y a quelques jours, Monsieur Frank Vandenbroecke, le Ministre fédéral de la Santé, nous dit que la situation est presque hors de contrôle, ce qui est un bel euphémisme. Un taux de positifs supérieur à 3% indique que l’on ne dépiste pas assez, ce qui empêche de contrôler l’épidémie, et ce niveau est dépassé depuis longtemps, nous en sommes à 14% !

Même avec des masques pour tous à l’école et au travail, et des horaires décalés pour tous pour dégorger les transports en commun, le contrôle de l’épidémie dépend aussi d’un dépistage et d’un traçage efficace, qui n’était pas en place à la rentrée scolaire, et qui n’est toujours pas en place aujourd’hui !

Le résultat d’un test devrait être obtenu endéans les 24 heures pour que le traçage et l’isolement soient productifs, mais ce n’est pas le cas pour la moitié des tests et il faut parfois attendre plusieurs jours avant de se faire tester… Et le traçage ne se concentre pas sur l’identification du lieu de contamination de l’individu, comme il se doit en santé publique : il est plus important d’identifier les foyers de contamination que les contacts des personnes infectées.

L’efficacité de tout systèmes de dépistage/traçage dépend d’une circulation suffisamment basse du virus : la logistique ne pourra jamais suivre la propagation exponentielle d’un virus, car au mieux la capacité peut être augmentée de manière linéaire dans le temps. C’est bien pourquoi la deuxième vague était inévitable avec le niveau de circulation observé le premier septembre et dans les conditions sanitaires en place pour la rentrée scolaire.

Obstination.
Comme son homologue en Flandre, Monsieur Ben Weyts, Madame Désir ne veut absolument pas entendre parler de fermeture d’école, mais elle a fini par allonger le congé de Toussaint de 2 jours. "12 jours, ça a du sens dans cette crise sanitaire", nous confie-t-elle, une autre démonstration que nos dirigeants ne comprennent vraiment rien à notre réalité sanitaire et à la propagation exponentielle, pour penser que 2 jours de plus auront un impact mesurable sur la transmission du virus.

Observant que les régions de Bruxelles et de Wallonie sont les plus touchées d’Europe, Monsieur Vandenbroecke nous dit que nous somme « foutus » et son analyse est correcte : tant que nous ne ferons pas face à la réalité de ce virus, nous sommes foutus, car le virus n’a cure des discours politiques, sa propagation n’est influencée que par des mesures concrètes qui tiennent compte de ses différents modes de propagation.

La folie de l’immunité collective naturelle.
L’idée que l’immunité collective naturelle (l’immunité obtenue lors d’une infection avec le virus, par opposition à l’immunité artificielle induite par un vaccin) puisse nous sortir d’affaire est une chimère que j’ai dénoncé le 17 mars quand certains pays d’Europe flirtaient déjà avec cette idée particulièrement dangereuse [https://tinyurl.com/y9vd55vv]. L’idée peut séduire car si elle pouvait être atteinte, la propagation du virus serait contrôlée sans autre effort de notre part. Si.

Une variation du thème c’est de laisser circuler le virus parmi les jeunes, comme ça ils seraient immunisés et ne participeraient plus dans les chaines de transmissions. Cette approche ciblée est tout autant vouée à l’échec pour deux raisons : 1) il est impossible d’isoler les jeunes pendant cette période où ils développeraient cette immunité supposée ; 2) il est très improbable que cette immunité affecte suffisamment la transmission du virus.

Notons au passage que cette dernière notion s’applique à tous les vaccins en développement contre la COVID : par leur mode d’administration, intramusculaire, ils ne peuvent pas induire une immunité au niveau des muqueuses, le type d’immunité nécessaire pour une réponse stérilisante, celle qui peut affecter la transmission du virus .

En d’autres mots, c’est plus probablement un médicament efficace qu’un vaccin qui nous sortira d’affaire. Les recherches se poursuivent, il y a de nombreuses pistes.

L’insoutenable légèreté des rassuristes.
Il y a malgré tout de nombreux supporters de ce concept d’immunité collective, notamment parmi les rassuristes, qui nous parlent d’immunité cellulaire et d’immunité croisée mais qui ne comprennent pas la complexité de l’interaction entre un virus et le système immunitaire humain.

Plutôt que d’entrer dans une discussion technique des erreurs dans leurs analyses, considérons l’expérience naturelle que nous avons avec d’autres coronavirus humains car leur interprétation est moins sujette à caution que les expériences de laboratoire.

Il y a quatre coronavirus humains endémiques et ils sont avec nous depuis des décades ou des siècles, causant surtout des rhumes et parfois une maladie plus grave chez les plus fragiles, et se transmettent efficacement dans le milieu scolaire. Ces virus ne circulent que chez l’homme, il n’y a pas de réservoir animal, et ils se sont maintenus dans notre population pendant tous ce temps sans jamais que nous n’atteignons l’immunité collective permettant d’arrêter leur propagation…!

Si des décades n’ont pas suffit à atteindre l’immunité collective pour ces coronavirus, qu’est ce qui permet aux rassuristes d’affirmer que nous pourrions atteindre l’immunité collective contre la COVID dans un lapse de temps raisonnable alors que tout indique que le nouveau coronavirus utilise la même interférence avec notre système immunitaire que les coronavirus endémiques ? Rien, absolument rien !

Et donc rassurer pour rassurer, c’est se démunir, cela conduit à négliger de prendre les mesures qui peuvent nous aider à contrôler le virus. C’est dangereux et irresponsable.

Le coût de l’immunité collective.
La stratégie de l’immunité collective naturelle n'a aucune chance de succès et ne pourrait être exécutée qu’à un prix qui serait exorbitant pour la population. Non seulement les décès et les familles endeuillées, mais tous les COVID longs qui en résulteraient et tout les coûts associés pour ces personnes et leurs familles, sans oublier tous les patients non-COVID qui perdraient l'accès normal au soin quand le système est débordé.

L’impact sur notre système de santé, sur les soignants et leurs familles, l’impact sur l’enseignement, sur le personnel des écoles et leurs familles sont simplement inacceptables car ils ne peuvent que conduire à la dégradation de la santé et de l’éducation. Nous en sommes déjà à faire travailler les soignants et les enseignants contaminés mais asymptomatiques, et ils ne sont autorisés à s’isoler qu’à leur frais, ils doivent prendre des jours de congé ! Quelle exploitation honteuse de ces travailleurs !

L’approche de l’immunité collective naturelle est une moquerie totale des principes démocratiques et est en violation avec la charte des droits de l'homme et le code de Nuremberg. Ce n'est pas de l'hyperbole de qualifier de criminelle cette poursuite de l’immunité collective.

Que faire maintenant ?
Nous n’avons que trop attendu pour prendre les mesures nécessaires. Chaque journée de tergiversations conduit à un tribu évitable, en vies et en dommages à la population, à la société, et à l’économie. Il faut agir aujourd’hui. Monsieur Vandenbroecke nous dit que finalement, « l’essentiel est le comportement des gens ». Pour moi, c’est surtout le comportement des gens au pouvoir qui est essentiel pour sortir de cette crise sans plus de dégâts que ce qui est inévitable.

Quelles sont les mesures nécessaires ?
Le Dr Charlotte Martin (CHU Saint-Pierre) nous dit: "On a très peur des mois à venir car on n'a plus de confinement dur pour couper brutalement la contagion! Or, sur un plan purement épidémiologique, reconfiner est en fait la seule décision qui pourrait aider".

Elle a raison que confiner à nouveau est la seule décision qui pourrait aider, alors pour quelle raison mystérieuse on n’aurait plus un confinement « dur » comme outil à notre disposition ?

Pour sauver l’économie ? Alors que l’économie ne peut pas fonctionner avec ce taux de circulation du virus, et ne peux que se dégrader de plus en plus ? Être adulte, c’est accepter la réalité et choisir la meilleure solution, ou la moins pire dans le cas qui nous occupe. Être adulte, c’est reconnaître quand notre approche aggrave la situation au lieu de l’améliorer. Être adulte, c’est pouvoir admettre ses erreurs et les corriger. Y-a-t-il un adulte dans le gouvernement, un seul ?

Je l’espère mais il ne faut plus tarder : plus on tarde, plus le confinement sera long, plus les dégâts seront importants. On parle de préparer le public à l’idée au lieu d’agir.

Oui, l’essentiel est le comportement des gens, mais c’est d’abord le comportement des dirigeants qui devraient… diriger, seul le gouvernement peut prendre les mesures nécessaires, et c’est aussi le comportement des dirigeants qui doivent inspirer la population à suivre ces mesures, pour que les comportements de tous puissent contribuer à sortir de la crise.

Et utilisons le potentiel de la société dans sa totalité, il faut mobiliser les entreprises et tout les secteurs concernés dans la recherche de solutions, il faut créer des alliances stratégiques avec les acteurs que nous sommes tous.

Un message honnête et cohérent.
Le déni ne nous sauvera pas : comme pour la peste, seul l’honnêteté nous sortira d’affaire pour la COVID, et elle se fait attendre [https://tinyurl.com/y5jmdbzo].

À cet égard, une suggestion pour faire passer le message que cette fois-ci vous allez faire les choses comme il faut, dans l’ordre, que vous allez confiner intelligemment, que vous allez préparer et exécuter la sortie du confinement intelligemment et rouvrir les écoles dans des conditions sanitaires durables pour ne pas prolonger le cycle destructeur des ouvertures et des fermetures : admettez que votre gestion depuis janvier a été inefficace, passive, irrationnelle et désastreuse dans ses conséquences.

Des politiciens qui admettent leurs erreurs et qui tirent les bonnes leçons de leurs échecs est tellement rare que cela attirera certainement l’attention de tous, et disposera chacun à suivre les nouvelles mesures que vous préconiserez.

En fin de compte, les cartes sont dans vos mains et il faut prendre les décisions d’adultes. Quel souvenir voulez vous laisser aux générations futures ? Celui d’hommes et des femmes d’état qui ont fait face à la réalité ou celui de fils et filles à papa dépassés par les évènements ?

Je reste à votre disposition pour sortir de cette crise et minimiser les dégâts.

Marc Wathelet

Mercredi le 21 octobre 2020.

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Date de dernière mise à jour : 17/11/2020