LeVif 3 oct 21 la boîte de Pandora

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dans les paradis fiscaux, 1200 Belges concernés

03/10/21 à 19:38

Source : Belga

La nouvelle enquête du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) et ses partenaires, vient d'être rendue publique. Après avoir passé au crible 11,9 millions de documents datés de 1996 à 2020, elle démontre que de nombreuses personnalités fortunées échappent toujours à l'impôt en ayant recours aux paradis fiscaux. Dans ces documents qui contiennent quelques précieux secrets figurent plus de 29.000 bénéficiaires de sociétés écrans, dont 1.200 Belges

Cette révélation à l'ampleur historique a été baptisée Pandora Papers. Cette enquête est la plus importante jamais menée par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) et ses partenaires. Durant des ce sont 600 journalistes de 150 médias répartis dans 117 pays ont épluché 11,9 millions de documents issus de 14 cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore. Une source d'information gigantesque qui a permis notamment d'identifier plus de 29.000 bénéficiaires de sociétés offshore.

"Parmi ces bénéficiaires, 35 chefs d'Etat, 133 milliardaires, quelques stars du ballon rond, de grands criminels, une poignée de figures du show-biz et une majorité d'inconnus" précise nos confrères du Soir.

Côté belge, 1.217 personnes de nationalité belge ou résidents du Royaume ont été identifiés. Trente-trois de ces noms figuraient déjà dans les Panama Papers.

Ces profils sont variés, allant "du pharmacien à la retraite dont l'épouse vend des lunettes au dealer de hasch, dont le casier judiciaire est déjà bien garni, jusqu'au couple à la tête de salons de coiffure sur la Côte à l'huissier de justice déjà condamné pour escroquerie. Sans oublier ce jeune millionnaire ayant fait fortune grâce aux bitcoins", toujours selon Le Soir.

Des personnalités de la scène internationale, roi, présidents et autre stars épinglés

Une trentaine de dirigeants actuels ou passés, plus de 300 responsables politiques du monde entier, ainsi que des stars ou des criminels ont été épinglés dans la vaste enquête journalistique.

La plupart des transactions révélées dans les "Pandora Papers", publiés par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), ne sont pas illégales. Mais l'enquête met en lumière le décalage entre le discours anti-corruption de certains leaders et leur usage extensif des paradis fiscaux.

Le roi et les villas

Depuis son arrivée au pouvoir en 1999, le roi Abdullah de Jordanie a acquis 14 propriétés luxueuses aux Etats-Unis et au Royaume-Uni grâce à un réseau de sociétés situées dans des paradis fiscaux comme les îles Vierges.

Le prince Faisal de Jordanie, la reine Rania, le roi Abdullah II, le premier ministre Nader Dahabi, le prince Ali et le prince Hamza à l'aéroport d'Amman, le 14 octobre 2009. © Getty Images

Pour 106 millions de dollars, il a acheté trois villas avec vue sur la mer à Malibu, en Californie, et des propriétés à Londres et Ascot (Royaume-Uni), selon cette enquête.

Ses avocats ont assuré au consortium qu'il avait utilisé sa fortune personnelle et a eu recours à des sociétés offshore pour des raisons de sécurité et de discrétion.

Le milliardaire châtelain

Avant de devenir Premier ministre, le milliardaire tchèque Andrej Babis a placé 22 millions de dollars dans des sociétés écrans qui ont servi à financer l'achat du château Bigaud, une grande propriété située à Mougins, dans le sud de la France. Il ne les a pas mentionnés sur sa déclaration de patrimoine quand il est entré en politique, d'après les Pandora Papers.

Le Premier ministre, qui est mis en cause dans une affaire de fraude aux subventions européennes et de conflit d'intérêt, affronte des élections législatives les 8 et 9 octobre. Assurant ne rien avoir commis d'illégal, il a dénoncé dimanche une manoeuvre destinée à le "dénigrer" avant le scrutin.

Le couple Blair

L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair et son épouse Cherie ont acquis en 2017 un immeuble de bureaux en achetant une société dans les îles Vierges qui était propriétaire des lieux. La transaction leur a permis d'économiser environ 400.000 dollars d'impôts, rapporte l'ICIJ.

Le président, sa mère, son frère et ses soeurs

Le président kenyan Uhuru Kenyatta a fait de la lutte contre la corruption et de la transparence dans la vie publique un marqueur de son discours. Mais lui et six membres de sa famille, dont sa mère, un frère et deux soeurs, disposent d'au moins 30 millions de dollars sur plusieurs sociétés off-shore, écrit le consortium.

Le héraut de la lutte anti-corruption

Imran Khan s'est fait élire à la tête du Pakistan à l'été 2018 sur un programme anti-corruption après la destitution de Nawaz Sharif, emporté par les révélations des "Panama Papers", une autre enquête de l'ICIJ sur les fonds offshore.

Selon le consortium, des membres de sa famille et de son gouvernement possèdent des millions de dollars sur des comptes offshore. Sur Twitter, le Premier ministre a assuré qu'il "enquêterait" sur tous les citoyens pakistanais mentionnés dans les Pandora Papers".

Un immeuble à 11 ans

Des proches du président de l'Azerbaïdjan Ilham Aliev -- régulièrement visé par des accusations de corruption -- ont réalisé des transactions immobilières opaques au Royaume-Uni, dont l'achat contre 45 millions de dollars d'un immeuble de bureaux au nom de son fils de 11 ans, Heyder, rapporte la BBC.

Dominique Strauss-Kahn, l'ancien ministre français et ex-directeur général du Fonds monétaire international, a fait transiter plusieurs millions de dollars d'honoraires de conseil à des entreprises par une société marocaine exempte d'impôts, selon les documents examinés par l'ICIJ.

Les belles et le truand

La chanteuse colombienne Shakira et la mannequin allemande Claudia Schiffer possèdent aussi des comptes offshore. Selon leurs agents, il ne s'agit pas d'évasion fiscale, rapporte le consortium.

Le chef mafieux Raffaele Amato, qui a inspiré le film Gomorrah, a lui aussi fait usage d'une société écran pour acheter des terre en Espagne. Lié à de nombreux meurtres, il purge une peine de 20 ans de prison.

Des avocats chargés de dissimuler l'argent de ces personnalités

Un prestigieux cabinet d'avocats panaméen est nommé dans le scandale financier "Pandora Papers" comme impliqué dans la création de sociétés offshore pour dissimuler l'argent de plus de 160 politiciens et personnalités publiques dans des paradis fiscaux.

Aleman, Cordero, Galindo & Lee, ou Alcogal, aurait en effet aidé à créer des sociétés offshore pour ces personnalités dont également le président du Monténégro Milo Djukanovic et trois anciens président du Panama.

Environ deux millions des 11,9 millions de documents obtenus par les journalistes en lien avec les "Pandora Papers" portent sur Alcogal. Selon ICIJ, Alcolgal a joué "un rôle majeur dans l'évasion des taxes".

Pour sa part, "Alcogal rejette ces spéculations, inexactitudes et mensonges", a dit le cabinet dans un communiqué. Il assure être prêt à travailler avec les autorités pour enquêter sur toute irrégularité.

Nouveau coup dur pour le Panama

Déjà en 2016, le pays s'était retrouvé au coeur d'un scandale sur les paradis financiers suite à une précédente enquête "Panama Papers" de l'ICIJ. Le Panama redoutait donc de se voir encore épinglé dans l'enquête "Pandora Papers".

"Les dommages pourraient être insurmontables", estimait le gouvernement panaméen dans une lettre transmise à l'ICIJ par le biais d'un cabinet d'avocats. La lettre avertissait que "toute publication" qui renforcerait "une fausse perception" du pays comme étant un éventuel paradis fiscal "aura des conséquences dévastatrices pour le Panama et ses habitants".

La lettre cite plusieurs réformes effectuées ces dernières années par ce pays d'Amérique centrale qui demeure toutefois sur la liste des paradis fiscaux de la France et de l'Union européenne. Elle souligne que depuis 2016 plus de 395.000 compagnies et fondations ont vu leur enregistrement suspendu, soit la moitié de celles qui existaient alors. 

A propos de l'ICJJ (Consortium international des journalistes d'investigation)

Créé en 1997 par le Centre américain pour l'intégrité publique, l'ICIJ est devenu une entité indépendante en 2017. Son réseau compte des journalistes d'investigation dans plus de 100 pays et territoires, ainsi que quelque 100 médias partenaires.

L'ICIJ s'est fait connaître, début avril 2016, avec la publication des "Panama Papers", une enquête appuyée sur quelque 11,5 millions de documents provenant d'un cabinet d'avocats panaméen. Ils détaillaient les avoirs cachés de milliers de clients de Mossack Fonseca, dont des personnalités de premier plan.

L'onde de choc qu'a provoqué cette publication a notamment entraîné la démission du Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson et du chef du gouvernement du Pakistan, Nawaz Sharif.

Depuis 2013 et la publication des "Offshore Leaks", déjà par l'ICIJ, de nombreuses enquêtes journalistiques coordonnées ont révélé les noms d'entreprises, dirigeants ou personnalités ayant recours à des montages financiers opaques, notamment les "LuxLeaks" (2014) ou les "Paradise Papers" (2017), qui évoquaient le prince Charles, le champion de Formule 1 Lewis Hamilton ou le groupe Nike.

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