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Refusons la guerre
Pourquoi nous manifestons à Bruxelles ce 14 juin (sous réserve que ce sous-titre soit accepté par le média visé)
À mesure que s'intensifient les tensions internationales, un spectacle inquiétant se déploie sous nos yeux : celui d'un monde dirigé par des puissances qui, derrière les discours de principes, sacrifient sans scrupule les droits humains et la vie elle-même. Les conflits militaires en cours ne sont pas des fatalités historiques ni des affrontements inévitables entre peuples ; ils constituent l'expression armée de rivalités économiques, de stratégies d'influence et de logiques de domination.
Nous assistons à une marche accélérée vers la guerre, dont la manifestation la plus tangible est la course aux armements. Au cours de la dernière décennie, les dépenses militaires mondiales n'ont cessé d'augmenter. En 2025, ces dépenses ont atteint le chiffre vertigineux de 2887 milliards de dollars. Les pays de l’OTAN en représentent plus de la moitié. Malgré cela, l’OTAN exige de ses membres qu’ils portent leurs dépenses militaires à 5% de leur PIB d’ici 2035.
Dans ce contexte, la Belgique est le pays de l’Union européenne où les dépenses militaires ont le plus augmenté entre 2024 et 2025 (+59% !). Cette législature prévoit 28,3 milliards d’euros supplémentaires pour l’armée, alors que des coupes drastiques et violentes sont parallèlement organisées sur les autres secteurs. Au lieu d’une remise en ordre du budget, il s’agit d’un transfert de fonds pour payer les immenses factures militaires. Derrière le discours trompeur sur la « sécurité », les coûts de la guerre et de l’armement sont répercutés sur les épaules de la population : hausse des impôts, réduction des services publics, dégradation des conditions d’existence, mobilisation des corps et des vies.
Les citoyen·ne·s contribuent via l’impôt à financer une machine de guerre dont les résultats sont tragiquement visibles : des centaines de milliers de morts, des sociétés dévastées, des économies ruinées. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, les pertes humaines s'accumulent. En Palestine, le génocide et la colonisation se poursuivent dans l’impunité. Au Soudan, au Congo et dans des dizaines d’autres pays, les victimes invisibles se comptent en millions.
À ces destructions s'ajoutent des conséquences sociales et politiques profondes. La guerre appauvrit les populations et renforce les logiques autoritaires. Les voix critiques sont marginalisées, voire réprimées.
Pour soutenir cet effort guerrier, les gouvernements entreprennent de militariser les sociétés : développement de réserves opérationnelles élargies, promotion de formes de service militaire, introduction de dispositifs éducatifs orientés vers la défense et la sécurité, introduction d’un « code de la défense » qui ancrera l’emprise du militaire sur l’ensemble de la société, lors de « situations de crise » vaguement définies, etc. L'armée s'insinue et s’installe progressivement dans l’ensemble de l'espace civil, y compris à l'école.
Ce tournant militariste s'inscrit dans une crise globale. L'ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale se délite sous nos yeux. Les crises économiques, écologiques et géopolitiques s'entremêlent et s'aggravent mutuellement. Le système économique dominant montre ses limites, tandis que les inégalités explosent et que des pans entiers de la population mondiale sombrent dans la précarité. Aujourd'hui, près d’un dixième de l'humanité vit avec moins de 2,15$ par jour et des dizaines de millions d'Européen·ne·s vivent sous le seuil de pauvreté. Nous refusons cette fatalité. Les guerres actuelles ne servent ni la paix, ni la justice, ni la liberté. Elles alimentent des logiques de prédation et de destruction dont les peuples sont les premières victimes.
Il est encore temps d'agir. Cela suppose un sursaut collectif, une mobilisation large des citoyen·ne·s, des travailleur·euse·s, des intellectuel·le·s, des démocrates. Refuser la militarisation de la société, c'est défendre les conditions de la paix. C'est exiger que les ressources publiques soient orientées vers les besoins fondamentaux : l'éducation, la santé, la transition écologique, la justice sociale, la solidarité internationale. Cela suppose aussi une politique étrangère qui fasse respecter les droits humains fondamentaux, en ce compris sociaux, reconnus au niveau international.
La militarisation conduit inévitablement à la guerre et à des formes toujours plus extrêmes de destruction. Si nous voulons rompre ce cycle, il est impératif de s'y opposer dès maintenant, par tous les moyens démocratiques disponibles.
Nous exigeons le retour des négociations et de la diplomatie sous contrôle des Nations Unies afin de reconstruire les conditions d'un monde fondé sur le respect des Conventions et normes du droit international, et agirons en ce sens. Nous appelons chacune et chacun à se joindre à ce mouvement, à refuser l'engrenage de la violence et à œuvrer pour un avenir fondé sur la paix, la justice et la solidarité.
La Paix est l’avenir des peuples !
Signataires (liste au 04 juin à 16h) :
Bert Engelaar, Président ABVV-FGTB
Selena Carbonero Fernandez, Secrétaire générale ABVV-FGTB
Ann Vermorgen, Présidente ACV-CSC
Marie-Hélène Ska, Secrétaire générale ACV-CSC
Giulia Contes et Grégory Mauzé, Co-président.e CNAPD
Ludo De Brabander, Porte-parole de Vrede vzw
Pierre Galand, Président de l’Association belgo-palestinienne
Nicolas Van Nuffel, responsable du plaidoyer du CNCD-11.11.11
Lieve Herijgers, Directrice de Broederlijk Delen
Annuschka Vandewalle, Secrétaire générale de FOS
Orry Van de Wauwer, Directeur Pax Christi Vlaanderen
Luc Dusoulier, Président de WSM
Catherine Opalinski, Secrétaire général des Jeunes FGTB
Charlotte Renouprez, Présidente des Équipes Populaires
Sabina Jaworek, Service civil international
Gilles Smedts, Nation Humaine Universelle
Luis Guzman, Comité Belge pour la Paix au Venezuela, Amérique Latine et Caraïbes
Claudine Pôlet, CSOtan
Nina Henkens, Directrice de Kif-Kif vzw
Geert Van Langendonck, Käthe Kollwitz Collectief
Claire Delstanche, DieM 25