Gendarmerie 2.0 en Belgique ?

Collé/copié du Vif du 19 octobre 2026

«Les choses ne peuvent plus continuer ainsi»: ce qu’il faut savoir sur le projet de «gendarmerie 2.0» mené par l’Intérieur et la Défense

 

10:42Mise à jour : 12:44 Source: Belga

 

Face aux violences urbaines, les ministres de l’Intérieur et de la Défense plaident pour une réserve opérationnelle capable de renforcer les forces de l’ordre.

Bernard Quintin, le ministre de l’Intérieur (MR) et son collègue de la Défense, Theo Francken (N-VA), veulent créer un corps de police à l’image de la gendarmerie des années 1990. Ses membres suivraient un entraînement à la fois policier et militaire et seraient placés sous l’autorité de l’Intérieur. Ces brigades mobiles serviraient au rétablissement de l’ordre quand cela s’avère nécessaire, a assuré Bernard Quintin interrogé, lundi sur BX1.

«Ma préoccupation, c’est qu’on n’en arrive pas à une situation préinsurrectionnelle comme on a connu en France», a-t-il expliqué. «Quand il y a des émeutes, il est nécessaire de renforcer le bras sécuritaire. On a besoin d’une réserve opérationnelle formée de façon militaire. Quand la violence est si extrême, on doit sécuriser les citoyens», assurait dimanche soir Theo Francken sur RTL-TVi, évoquant une «gendarmerie 2.0 sous la tutelle de l’Intérieur». «On en est au début des discussions», a indiqué Bernard Quintin, faisant écho à Theo Francken, qui a assuré que l’initiative était soutenue par le Premier ministre, Bart de Wever.

Il a aussi précisé que le sujet était en préparation depuis quelques semaines et n’était donc pas copié d’une proposition du Vlaams Belang, présentée jeudi passé par le parti d’extrême droite.

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«Les choses ne peuvent plus continuer ainsi»

Sur la VRT, le ministre de la Défense a justifié ce projet comme une réponse aux récentes violences urbaines. «Dans les rues de Bruxelles et de Liège, la police fait tout son possible, mais elle ne parvient pas à rétablir l’ordre. C’est pourquoi nous avons besoin de renforts armés pour appuyer les forces de l’ordre», a-t-il insisté.

«Ils (NDLR: les futurs gendarmes) pourront opérer sous commandement militaire, car ils connaissent les procédures, les méthodes et les doctrines du ministère de la Défense», a ajouté Theo Francken, admettant que ce ne serait pas «la solution miracle». «Mais c’est aussi un signal clair adressé aux forces de l’ordre. Que des renforts arrivent, car les choses ne peuvent plus continuer ainsi.»

Jusqu’à sa disparition, la gendarmerie était une force de police à compétence nationale, chargée notamment du maintien de l’ordre, de la sécurité publique et des enquêtes judiciaires. Elle a disparu le 31 décembre 2000 avec la réforme des polices et après plusieurs affaires ayant révélé de graves dysfonctionnements.

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Une idée qui fait débat

L’idée de son retour ne séduit pas tout le monde. Interrogé sur Bel RTL lundi, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close (PS), estime que le renforcement de la police fédérale et de la justice doit constituer la priorité du gouvernement. «Si aujourd’hui, on décide de mettre de l’argent des militaires dans la police, c’est plutôt malin. Inventer le XXᵉ brol qui va créer 20.000 débats au Parlement n’est pas nécessaire», à entendre le socialiste. «Je veux des policiers», a-t-il souligné lundi, interrogé sur Bel RTL. «Que l’on mette de l’argent dans le corps d’intervention (de la police), dans la justice».

A gauche, l’opposition n’est pas non plus convaincu par ce projet. «Au lieu de renforcer la police, le ministre de la Défense semble vouloir laisser l’armée prendre progressivement le relais», critique le chef de groupe Ecolo-Groen Matti Vandemaele. Pour l’élu écologiste, «ce dont nous avons besoin, c’est d’une justice qui punit efficacement les délits, d’un renforcement de l’aide à la jeunesse et des perspectives pour les jeunes des quartiers socioéconomiquement vulnérables. Nous voulons de véritables solutions à l’insécurité, pas des démonstrations de force.»

«Nos policiers ne demandent pas une nouvelle structure. Ils demandent des moyens», appuie le député fédéral PS Ridouane Chahid. «En 2026, la Police fédérale, c’est 70 millions d’euros qui manquent. Et la réponse du gouvernement De Wever? Pas un euro de plus. Mais une idée lumineuse: coller un nouveau logo et envoyer l’armée faire le boulot de la police.»

Date de dernière mise à jour : 19/10/2026

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