Pas de Canadair, donc pas de retardant contre les incendies en Belgique…
On a beaucoup vu l’utilisation des « retardants » rouges pour lutter contre les feux en France. En Belgique, on n’en dispose pas, parce qu’on n’a pas les avions nécessaires pour s’en servir. Et, jusqu’ici, pas vraiment l’utilité. Article réservé aux abonnés

Journaliste au pôle Planète : Eric Renette
Publié le 29/07/2026 à 06:00
Ils marquent graphiquement les photos d’incendie et plus durablement le sol sur lequel on les répand, les retardants « rouges » balancés des Canadair participent à la lutte contre les incendies de forêts. On les largue sur des zones qui ne sont pas encore touchées par l’incendie mais qui figurent sur sa route. La substance chimique rouge (pour pouvoir déterminer où elle a déjà été déposée), composée majoritairement d’eau, de phosphate (proche des engrais), d’argile (pour le rendre plus lourd et qu’il tombe bien sur le sol), comme son nom l’indique, retarde la combustion et participe à diminuer la température du feu. La Belgique en dispose-t-elle ? La réponse est assez claire : non. Et peut être résumée sous la formule « pas de Canadair, pas de retardant ».
L’intérêt des retardants c’est d’être balancé massivement sur une zone exposée à l’arrivée du feu. Un Canadair peut déverser environ sept tonnes de produit et couvrir un couloir de retardement en plusieurs passages. Mais cela reste une mission parallèle pour ces avions spécialisés dans la lutte contre le feu, la première étant de faire le plus de rotations possibles avec de l’eau qu’il va recharger sur le plan d’eau le plus proche.
Peu nécessaire jusqu’à présent
En Belgique, la perspective de posséder un Canadair ou son équivalent pose plusieurs problèmes. La première est sa « rentabilité » face aux incendies de forêt jusqu’ici relativement contrôlés avec les moyens traditionnels. Un avion pour intervenir rarement… En version Benelux, ça aurait déjà plus de sens. Techniquement, ensuite, on souligne que la Belgique manque de surfaces d’eau suffisamment grandes pour recharger facilement et rapidement, lacs et étangs sont assez petits ou compliqués d’accès aérien.
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En Gironde, la France vient de tester un avion militaire Airbus A400M pour balancer du retardant. Gros avantage, c’est qu’il peut balancer 20 tonnes de produit d’un coup. Mais comme ce produit doit être rechargé dans un aéroport susceptible d’accueillir un tel avion, les déplacements peuvent être trop longs pour définir un couloir de retardant cohérent avant l’arrivée du feu. La petite Belgique, ici, pourrait marquer des points puisque sur ses 375 km en diagonale, elle compte au moins quatre aéroports susceptibles d’accueillir l’A400M (Bruxelles, Charleroi, Liège, Ostende) où pourrait être entreposé du retardant. Et de A400M, la Belgique en possède plusieurs. De quoi alimenter le débat…