ÉDITO | Respect pour nos jeunes, tolérance zéro pour les casseurs et ceux qui infiltrent le mouvement pour le radicaliser
Nos jeunes ont des choses à dire et nous devons respecter leur mobilisation. Mais aucune excuse ne peut être trouvée aux casseurs – souvent venus de l’extérieur des écoles concernées – qui sèment le chaos, ni à ceux qui tentent, de l’extérieur, d’infiltrer et de radicaliser leur mouvement.
Edito
Par Gaspard Grosjean
Rédacteur en chef adjoint de SudinfoPublié le 02/10/2026 à 12:44Suivre Sudinfo sur Google
Depuis deux jours, la mobilisation des élèves prend une ampleur considérable en région liégeoise. Et disons-le tout de go : nos jeunes ont des choses à dire, des attentes et nous devons respecter cela. On peut être d’accord ou non avec leurs revendications. On peut débattre de la manière dont ils se mobilisent et déplorer qu’ils ne soient pas en classe en train d’apprendre. Mais voir une jeunesse capable de s’engager, de prendre la parole et de défendre ses convictions est aussi une raison d’être fier.
Des élèves protègent « leur » école
La couverture de Sudinfo, au plus près de ces jeunes, nous a permis de le constater. À l’athénée Paul Brusson, à Montegnée, des centaines d’élèves rassemblés à l’extérieur ont fait une haie d’honneur à leurs professeurs. L’un de leurs représentants a pris la parole devant eux. Son discours était revendicatif, certes, mais construit et apaisé. Il a été applaudi.
Et puis, il y a ces autres scènes dont il faut parler avec la même force. Celles d’élèves qui, tout en participant à la mobilisation, ont cherché à protéger leur propre établissement. À Saint-Barthélemy, en Hors-Château à Liège, l’entrée de l’école a été saccagée par des casseurs qui, selon plusieurs témoignages recueillis sur place, n’étaient pas des élèves de l’établissement. À Atlas 2, toujours à Liège, nos journalistes ont vu des élèves mettre des cartons à l’abri pour éviter qu’ils ne soient incendiés. D’autres allaient chercher des seaux d’eau auprès des responsables de l’établissement pour éteindre des débuts d’incendie.
Elle est là aussi, la réalité de cette mobilisation. Et elle mérite d’être racontée. Nous ne tomberons donc pas dans la caricature facile qui consisterait à dénigrer toute une jeunesse, à considérer que ces élèves seraient incapables de penser par eux-mêmes ou qu’ils n’auraient rien à revendiquer. Ce ne sera pas notre discours.
Masqués et là pour casser
Mais notre discours sera tout aussi clair sur l’autre réalité de ces deux derniers jours : pour les casseurs, c’est tolérance zéro. Il faut arrêter de chercher des excuses au vandalisme, aux dégradations, aux intimidations et, parfois, aux violences physiques. Briser les portes d’un établissement, détruire des caméras, incendier du mobilier urbain, des bancs ou des trottinettes n’a rien d’une revendication étudiante. Rien.
Et surtout, ne confondons pas ceux qui commettent ces actes avec l’immense majorité des élèves mobilisés.
Nos journalistes ont vu arriver sur certains points chauds des groupes d’individus extérieurs aux établissements concernés, cagoulés jusqu’aux yeux, vêtus de noir, capuches relevées, parfois équipés de casques, manifestement préparés à l’affrontement. Tout indique, dans les scènes dont nous avons été témoins, que certains se déplacent d’un lieu de mobilisation à l’autre pour profiter de la situation et semer le chaos.
Distribution de masques
Nous avons également vu des personnes nettement plus âgées, qui n’étaient ni élèves, ni professeurs, ni éducateurs, ni parents, débarquer au milieu des rassemblements. Certaines distribuaient des masques aux jeunes alors que la police n’utilisait pas de gaz lacrymogène. Là aussi, la question de l’objectif poursuivi doit être posée : celui de masquer l’identité des fauteurs de troubles.
Car il existe une ligne rouge absolue : personne ne peut profiter de la mobilisation de cette jeunesse pour tenter de l’instrumentaliser, d’infiltrer son mouvement et de le pousser vers toujours plus de radicalité, d’affrontements et de violence.
Respecter les jeunes qui se mobilisent ne signifie pas fermer les yeux sur ceux qui viennent casser. Bien au contraire. Défendre le droit de ces élèves à faire entendre leur voix, c’est aussi refuser que quelques dizaines d’individus viennent confisquer leur mouvement et transformer leurs revendications en scènes de chaos. Nous serons donc du côté de cette jeunesse lorsqu’elle débat, revendique et se mobilise pacifiquement. Mais nous ne chercherons aucune excuse aux casseurs. Et encore moins à ceux qui tenteraient, de l’extérieur, d’instrumentaliser ces mobilisations pour les radicaliser. Ceux-ci doivent être identifiés et interpellés par les forces de police. Et lorsqu’ils commettent des infractions, ils doivent en répondre devant la justice.