22.03.21 fermeture des écoles ?

La pression demeure pour une fermeture des écoles, lundi prochain

22/03/21 à 09:48

Mise à jour à 11:54

Olivier Mouton

Olivier Mouton

Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express

Un nouveau Comité de concertation prévu vendredi. Les décisions actuelles pourraient ne pas suffire au vu de la situation qui se dégrade. Le bras de fer politique se poursuit entre partisans d'une fermeture des écoles et ceux qui souhaitent d'autres mesures.

La situation sanitaire en Belgique continue à se dégrader et nous assistons à une séquence politique qui n'est pas banale, avec un bras de fer entre le fédéral et les Communautés, pour ne pas parler de divergences de vue entre les partis. Ce bras de fer n'est certainement pas fini, d'ailleurs. Un nouveau Comité de concertation aura bel et bien lieu vendredi pour évaluer la stuation. Et d'ici là, certains vont à nouveau plaider pour une fermeture anticipée des écoles, tandis que d'autres suggéreront d'autres mesures.

Vendredi passé, avant le Comité de concertation, certains partis de la majorité craignaient que celui-ci n'accouche d'une "usine à gaz". En substance, deux écoles s'opposaient et continuent à s'opposer, les uns plaidant pour une fermeture anticipée des écoles avant les vacances de Pâques, d'autres pour une refermeture temporaire des commerces et/ou des métiers de contact.

Les thèses se sont neutralisées: le Comité de concertation a chargé les ministres de l'Enseignement de mettre en place de nouvelles mesures, ce qu'ils ont fait dimanche, en présentant des décisions qui entreront en vigueur ce mercredi 24 mar

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Pour certains au sein de la majorité fédérale, cela s'apparente exactement à "l'usine à gaz" tant redoutée.

"La pression sera immense"

Les mesures actuelles ne satisfont pas Frank Vandenbroucke (SP.A), ministre fédéral de la Santé: ce lundi matin, il continue à affirmer que des décisions complémentaires devront être prises si l'on veut atteindre le double objectif fixé par le gouvernement De Croo: rouvrir complètement les écoles le 19 avril, au lendemain des vacances, et rouvrir l'horeca à partir du 1er mai. Le ministre exprime à nouveau son inquiétude: "426 admissions à l'hôpital ce week-end, c'est une petite clinique".

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Les bureaux de parti évaluaient la situation ce lundi matin et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'unanimité ne prévaut pas. Pour certains, le package actuel de mesures est adéquat pour l'instant, en attendant de voir comment les chiffres vont évoluer: pour d'autres il est clairement insuffisant. "La pression, cette semaine, sera immense", nous confirme une source au sein de la Vivaldi. En clair, il n'est pas exclu, si les chiffres des hospitalisations et des soins intensifs continuent à grimper, que l'on remette sur la table une fermeture des écoles à partir du lundi 29 mars.

Le raisonnement est le suivant: la fermeture des écoles durant trois semaines (une anticipée et les deux de Pâques) fonctionnerait, c'est prouvé, sans trop de dégâts, alors qu'une refermeture des commerces aurait un coût social énorme. Il n'est pas exclu non plus, précise-t-on, que l'on se dirige vers des décisions plus régionales.

Argumentation supplémentaire: une fermeture des écoles induirait de facto une augmentation du télétravail. L'obligation de télétravail n'est pas assez respectée, au vu de chiffres de la mobilité, et le coup de poing sur ta table du fédéral à l'égard des employeurs ne semble pas avoir porté ses fruits - l'opposition réclamant notamment une intervention accrue de l'inspection sociale.

Les Communautés se refusent jusqu'ici à fermer les écoles, considérant que le maintien des établissements ouverts est un choix politique assumé depuis le début et qu'il serait terrible de les refermer, alors que la santé mentale des jeunes et leur décrochage sont des préoccupations majeures. Par ailleurs, les ministres de l'Enseignement réclament que le personnel enseignant fasse partie des publics prioritaires pour la vaccination.

Politiquement, la N-VA et le PS, qui détiennent les deux portefeuilles de l'Enseignement obligatoire (Ben Weyts et Caroline Désir) freinent des quatre fers au sujet de la fermeture des écoles. Mais dans cette crise inédite, il apparaît souvent que les positions politiques sont parfois moins motivées par l'étiquette politique que par les compétences dont on a la charge ou le niveau de pouvoir où l'on se trouve.

Une certitude, toutefois: finalement, ce sera l'évolution des courbes sanitaires durant cette semaine qui induira la position du Comité de concertation, vendredi.

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