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La rentrée pourrait ne pas être chaude !

Chaque année, au mois d'août, on a coutume de dire que la rentrée sociale sera chaude. C'est ainsi et parfois cela se vérifie, surtout l'année des élections communales qui se passent en octobre et parfois quand un gouvernement très à droite se met en place... Cette année il n'y a pas d'élections communales et n'y a pas encore de gouvernement à tous les échelons (sauf communes et provinces) du pouvoir. Tout juste peut-on dire que des gouvernement "bouc et gatte" sont en voix de constitution avec des droites et des gauches ramollies qui joueront au consensus mou lui aussi jusqu'aux prochaines élections, chaque parti s'en mettant le plus possible en poche sans trop secouer le petit peuple et les patrons, la "classe moyenne" continuant de verser ses larmes sur ses acquis dévoyés, grignotés, ôtés.

En fait, on se demande qui pourrait bien descendre dans la rue en septembre et les mois qui suivent sinon les seuls gilets jaunes. Certains lycéens et étudiants pourraient encore se manifester mais les "têtes" belges du mouvement seront toujours en vaczances jusque la rentrée universitaire et puis il faut reprendre ses marques et le prochain gouvernement devrait répondre, avec ou sans Ecolo, aux questionnements climatiques, en tous cas les partis, même mperdants des élections du 26 mai ont encore un peu de peps sur le sujet. Un peu plus d'ailleurs que sur le RIC (Référendum d'Initiative Citoyenne) proposé par les Gilets Jaunes, qui semble s'enfoncer dans les oubliettes grande ouvertes par les médias pour y enfouïr ce mouvement citoyen qui dérange. Donc, comme les syndicats sont de plus en plus dans l'attente de la formation des pouvoirs qui seront leurs interlocuteurs, regrettant le refus du PTB de monter dans les gouvernements pour y appliquer au minimum quelques mesures en faveur du petit peuple, on ne doit pas s'attendre à des grand-messes en rouge, vert et bleu entre Nord et Midi au brand bénef des cafetiers bruxellois. Et puis on ne peut pas dire non plus que le PTB soit très actif dans la rue, en tous cas, à part sa kermesse annuelle à Bredene regroupant la moitié du nombre de ses membres, il n'y a pas de mobilisations en vue (évidemment si la FGTB dort, logique que le PTB sommeille). Donc il faut bien se dire que la rentrée à défaut d'être chaude, sera jaune. Mais pas partout parce que nous, les Gilets Jaunes, n'avons pas les moyens, pas de cotisations, pas de subsides, pas de permanents et puis pas grand monde pour nous soutenir quand les médias nous écrasent, nous surtaxent comme violents alors que nous nous faisons arrêter à Bruxelles du simple fait de nous rassembler sur une place publique, nassés, gazés, matraqués, enfermés dans des écuries et cachots durant des heures pour des contrôles d'identité qui deviennent prétextes à procès pour nous faire cracher des amendes impossibles à payer d'autant plus qu'injustifiables et comme tout le monde s'en fout, notre nombre se réduit et c'est bien l'objectif de certains... dans certaines villes il faut supprimer les SDF et mendiants en les expulsant, en les harcelant pour qu'ils aillent se faire pendre ailleurs et dans le pays faire taire ceux qui osent encore critiquer le système et ceux qui, à droite comme à gauche, en profitent et font profiter leurs petits amis. Et là tous les mauvais coups sont permis.

Et bien les gilets jaunes liégeois, ceux que je connais, ne se laisseront pas faire, le combat continue et on sait que ce sera dur, on sait que les idées d'extrême-droite renaissent et qu'émergent çà et là des râleurs qui peuvent passer des mots aux actes puisque la majorité dite "silencieusee" l'est effectivement, c'est d'autant plus facile et faut bien dire qu'il n'y a aucune similitude entre le peu que nous sommes, désorganisés, et les mouvements de résistance de la deuxième guerre mondiale et les années la précédant. Ce temps où les manifestants mouraient sous les balles des gendarmes et militaires quand en 2019, nous nous dispersons comme des moineaux effrayés quand arrive au loin l'auto-pompe de la police fédérale.

Il est temps de se reprendre en mains, de se dire que nous avons aussi des droits et des libertés à défendre et à reconquérir même si toute la population ne nous suit pas dans son grand ensemble. Les gilets jaunes ne sont pas bien organisés, ils ne sont pas soutenus non plus, tous ceux qui devraient les soutenir les poignardent parfois dans le dos, c'est vrai qu'à leurs débuts et dans certaines villes et provinces un parti fasciste a ténté (et tente encore) de s'approprier le mouvement des gilets jaunes (Nation), on peut supposer toutefois au vu de la maigreur de ses résultats aux élections du mois de mai dernier que son approche des gilets jaune s'est soldée par un échec.

Personellement je crois encore à la capacité des Gilets Jaunes de rassembler des citoyens dans la rue, c'est un symbole, un signe de raliement qui n'est pas une bannière de parti, d'un syndicat. Les gens, à mon avis, se reconnaissent plus dans les gilets jaunes que dans les partis quels qu'ils soient même s'ils votent encore pour eux. En tant que fondateur de la Fédération des Résistances je me sens plus proche des Gilets Jaunes que d'un parti, d'un syndicat, même si parfois je me fâche avec mes amis gilets jaunes.

Mais j'ai peur que notre dernière arme pointée sur le capitalisme fasse "long feu", et que cette plaie s'élargisse encore et nous infecte sans perspective de guérison. Je sais aussi que même si avec un article sur Facebook on peut faire le "buzz" c'est plus facile quand il parle de foot, de chanson ou des derniers jeux vidéos en ligne, d'ailleurs je m'attends à n'avoir aucun commentaire pour cet article, c'est tout dire.