Lu sur Le Soir

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Eurovision : quand l’apolitisme a bon dos

La participation d’Israël au concours de la chanson a fait s’abstenir plusieurs pays européens. On ne peut que regretter que ces prises de position courageuses – et logiques – n’aient pas essaimé en Belgique. Article réservé aux abonnés

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REUTERS.

Marine Buisson

Édito - Journaliste au pôle international

Par Marine Buisson

Publié le 13/05/2026 à 00:05 Temps de lecture: 3 min

Ce n’est pas une pétition contre un pays, c’est un appel à la paix, à la justice et au respect des droits humains. » En mai 2025, les présentateurs espagnols de la RTVE commentent le passage de la candidate israélienne, survivante du massacre du 7-Octobre. Les journalistes évoquent le bilan des représailles israéliennes : 50.000 morts à l’époque, dont 15.000 enfants. Et rappellent que l’Espagne a demandé la tenue de discussions quant à la participation d’Israël à l’édition 2026.

Le rappel à l’ordre de l’UER, organisatrice de l’événement, ne se fait pas attendre : « Les chiffres des victimes n’ont pas leur place dans un divertissement apolitique. » Le débat réclamé par l’Espagne ne se sera jamais tenu. Les membres de l’UER décidant à la majorité, qu’à la faveur du cessez-le-feu scellé entre le Hamas et Israël en octobre dernier, il n’avait plus lieu d’être. Un cessez-le-feu violé à de nombreuses reprises depuis. Dans l’intervalle, Israël a fermé les points de passage vers Gaza, rendant l’acheminement de l’aide humanitaire impossible. « La paix, la justice et le respect des droits humains. » Autant de principes piétinés dans une bande de Gaza décimée.

Un divertissement apolitique, l’Eurovision ? Les diffuseurs espagnols, slovènes, islandais, irlandais et néerlandais ont décidé que non, soutenus par leurs gouvernements. Car contrairement aux cas individuels – on pense au chef d’orchestre israélien invité à Bozar –, c’est un Etat qui participe, derrière sa radiotélévision publique.

Comment partager la scène d’un concours qui se veut rassembleur avec un pays accusé de crimes de guerre et de dérives génocidaires par des experts internationaux ? « La culture unit, mais pas à n’importe quel prix », a martelé le CEO néerlandais d’Avrotros.

On ne peut que regretter que ces prises de position courageuses – et logiques – n’aient pas essaimé en Belgique. Qui avait plusieurs choix : se positionner sur la participation d’Israël, remettre en question sa propre participation ou s’interroger sur la diffusion de l’événement.

La RTBF a indiqué se plier à la décision de l’UER et envoie une candidate. Une décision applaudie par la ministre des Médias, Jacqueline Galant (MR), mais décriée par Vooruit. La VRT, plus critique, a finalement accepté de diffuser la compétition. Côté RTBF, Jean-Paul Philippot avait pourtant rappelé que le concours ne pouvait plus se dissocier du réel et que médias comme artistes avaient un devoir démocratique : protéger les journalistes et défendre l’accès aux zones de conflit. Cela fait plus de 900 jours qu’Israël interdit l’accès indépendant de Gaza aux journalistes étrangers.

C’est aussi pour ces raisons que l’UER avait décidé de l’exclusion de la Russie et la Biélorussie, sur fond d’invasion en Ukraine. Israël aurait dû se voir infliger la même sanction. Sans tergiversation.

 

Date de dernière mise à jour : 13/05/2026

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