Antifasciste

Un texte du Front Antifasciste Liège 2.0 (FAL) 1 octobre 2020

Que fait la Ville de Liège concernant les extrêmes-droites ?

Les activités des différents partis et groupes d’extrême-droite ont toujours été assez limitées à Liège : un large maillage associatif et de collectifs, les engagements multiples des liégeoises et liégeois vers davantage de solidarité, d’égalité et de libertés humaines ainsi que tout une culture de l’accueil et de l’entraide antifasciste ont permis de laisser les extrêmes-droites dans la marginalité et dans l’incapacité de s’organiser réellement dans l’espace public. Néanmoins, différents événements, dont certains récents, attirent notre attention et nous font nous interroger sur l'(in)action, et l’absence totale de stratégie, de la Ville concernant les extrêmes-droites.

1) Nation et le café « Les caves d’Artois » à Saint-Léonard :

Nation est un groupuscule nazillon déjà condamné pour des agressions. Par la voix de son président Hervé Van Laethem,1 il diffuse des campagnes de harcèlement dans la plus pure nostalgie « anticommuniste » (sic) d’inspiration fasciste. Ils revendiquent fièrement « l’action » ridicule, mais importante symboliquement, contre la fresque de Nelson Mandela en Outre-Meuse pour des motifs similaires.

Depuis un certain temps déjà, « Les Caves d’Artois », aujourd’hui transformé en une asbl de cartes afin de maintenir les activités de bar, est devenu le local du parti Nation pour Liège. Depuis leur arrivée dans le quartier, le Front Antifasciste de Liège 2.0 a reçu nombre retours de la population de Saint-Léonard qui s’inquiète de cette présence et du silence des autorités publiques malgré de multiples interventions de leur part vers la ville. Bagarre de rue, attaques sur des lieux estampillés de gauche, harcèlement sur le net et même des agressions jusqu’au domicile de personnes du fait que les affiches en solidarité aux personnes migrantes présentes sur leurs fenêtres ne plaisaient pas aux margoulins du café, etc. Bref, les tensions et phénomènes de violence ne manquent pas depuis l’installation de Nation dans le quartier. Malgré le fait que la police est au courant de ces faits et qu’elle connaît le profil du tenancier, l’ancien proxénète Jean-Claude Varlet, qui montre allègrement, à celui qui veut bien le voir, sa possession d’armes, sa collection de babioles nazies et de la wehrmacht, etc. Silence radio.

2) Le recrutement d’un militant d’extrême-droite au sein du MR de Liège, partenaire de la majorité à la ville :

La dissolution des listes du Parti Populaire et des listes Destexhe vu l’échec électoral aux élections de 2019 font qu’il n’y a plus beaucoup d’espace politiques pour les militants d’extrême-droite en wallonie. On le sait la création du Parti Populaire et des Listes Destexhes avaient attiré certains militants de droite, dont plusieurs du MR, vers ces listes d’extrême-droite. On se rappellera ainsi, par exemple, que Laurent Louis, élu sur les listes du PP, était initialement au MR. Aujourd’hui, on remarque des mouvements inverses : des militants présents, et parfois ayant voyagé entre les différentes formations d’extrême-droite, se tournent vers le parti de la droite : le MR. Pas étonnant vu l’évolution de la ligne du parti. Ainsi nous avons pu voir Georges-Pierre Tonnelier, ancien cadre et dirigeant du Front National de Belgique être présent au sein du MR de Bruxelles. Il alla même jusqu’à poser sur la photo du MR suite à la mort du noir-américain Georges Floyd étouffé par la police.

A Liège, c’est à Steve Counet, militant d’extrême-droite qui est passé par le Parti Populaire, les Listes Destexhe et le Parti national Européen (scission de Nation), de se diriger vers le MR liégeois. Pour cela il va être « parrainé » par un conseiller communal liègeois : le MR Fabrice Drèze.

On peut voir ici Steve Counet avec le PNE, après une action publique à Liège, durant le confinement. On retrouve sur cette photo nombre d’anciens cadres et militants de Nation. Steve Counet se trouve à la première rangée, accroupi au milieu, juste à côté de Fabian Vervinck, militant d’extrême-droite de longue date et bien connu depuis son passage dans l’émission Strip-Tease. Récemment, ce dernier vendait encore ouvertement des babioles nazies sur les réseaux sociaux.

Malgré les sorties du journal RésistanceS2 et l’interpellation d’un conseiller communal liégeois sur les réseaux sociaux, le MR de Liège n’a pas encore pris de position publique sur l’intégration d’un militant d’extrême-droite en son sein… Quant à la ville, le parti socialiste de Liège n’a pas non plus réagi. Silence radio.

3) Le retour du responsable de Pegida Liège, Lionel Baland :

Pegida est un mouvement antimusulman qui est apparu en Allemagne avec succès. Si depuis le mouvement s’est essoufflé ou a rejoint les différents partis d’extrême-droite allemands (NPD et AFD en particulier), cela est également du aux excès de son fondateur. Lutz Bachmann a défrayé la chronique allemande, suite à une photo de lui imitant Adolf Hitler ou encore suite à des propos racistes publics ayant entraînés une condamnation pour incitation à la haine raciale. Le déclin du mouvement s’explique également par tout le lot de violences qui ponctuait les manifestations de Pegida, des agressions qui prirent parfois le caractère particulièrement aggravé de tentatives de meurtre que ce soit de personnes migrantes, de « gauchistes » ou encore à l’encontre d’un élu considéré comme trop « pro-migrant ».

Lionel Baland, à l’initiative de la section liégeoise de Pegida, est allé à plusieurs reprises prendre la parole en tant qu’intervenant dans les rassemblements allemands. Ce fut également le cas avec Pegida Vlaanderen, alors contrôlé et dirigé directement par différents cadres politiques locaux du Vlaams Belang Pegida Liège fut particulièrement active entre 2015 et 2018 où, par le biais de Lionel et Baland et Edward (Joseph) Franz (un pseudonyme) – ancien militant au FN belge et dirigeant un petit parti d’extrême-droite liégeois (le parti des pensionnés) – le mouvement multiplie les tentatives de manifestation, les perturbations dans des conférences universitaires jugées trop « pro-migrantes » ou en essayant de déposer des interpellations citoyennes au conseil communal de Liège. Sur le terrain ce sont des antifascistes liégeois et liégeoises qui lui ont fait barrage pendant ces années tandis que ses interventions à la commune furent rejetées par la ville pour « raisonnement à caractère discriminatoire et xénophobe qui contrevient aux principes fondamentaux consacrés en droit belge, européen et international ». Après deux ans d’inactivité, Lionel Baland vient de changer de stratégie en choisissant des thèmes nationalistes mais ne pouvant se retrouver sous le cadre du racisme ou de la xénophobie. Pourtant, malgré cette tactique de diversion le but est bel et bien de déballer son venin et de préparer à un rassemblement d’extrême-droite à Liège. Or, étonnamment, la ville a accepté son intervention publique ce 13 octobre 2020.

Les membres du Front Antifasciste de Liège 2.0 à l’initiative de ce texte, soutenu par de nombreux acteurs culturels, associatifs et surtout citoyen-ne-s de Liège appelle les différents conseillers communaux liégeois à prendre position dans cette agitation des extrêmes-droites. A cette fin, nous exigeons que soit réglée définitivement la question des « Caves d’Artois » ainsi qu’une prise de position ferme sur toute implantation d’un local d’extrême-droite, mais aussi des réactions quant aux actions de l’extrême-droite à Liège. Nous demandons la confirmation au MR liégeois de l’inclusion ou l’exclusion de Steve Counet en son sein. Nous demandons également aux différents élus et élues communaux soucieuses de la lutte contre l’extrême-droite d’intervenir contre le rassemblement d’extrême-droite du 13 octobre ainsi qu’une réaction face à la prise parole du militant d’extrême-droite Lionel Baland. Le Front Antifasciste de Liège 2.0 sera présent le 13 octobre.

Enfin nous rappelons que, comme toujours, ce sont les habitantes et les habitants de Liège qui font vivre l’antifascisme dans les faits. Au-delà de la responsabilité du conseil communal, nous appelons donc la population à rester vigilante et solidaire face aux extrêmes-droites et leur monde morbide.

NOTES

1 Petite remise en contexte du personnage https://www.lesoir.be/art/durs-d-extreme-droite-au-tribunal-a-liege-le-proces_t-19960921-Z0CMU1.html

2 https://resistances-infos.blogspot.com/2020/09/lextreme-droite-va-t-elle-rejoindre-le.html

J'ai jamais aimé les fachos...

En fait pour moi qui lutte contre le capitalisme il est logique que je m'oppose au fascisme qui est une conséquence du capitalime. Je porte tous les jours le triangle rouge, rappel de ce que les nazis faisaient porter aux prisonniers politiques dans leurs camps, un signe de reconnaissance pour les distinguer d'autres catégories enfermées.

J'ai visité le camp de concentration de Buchenwald en août 1976, cela m'a fait haïr à tout jamais le système fasciste où qu'il ait sévit, où qu'il sévisse encore même dissimulé sous des "habits plus présentables".

En Wallonie, nous avons la chance d'avoir plusieurs micro-partis d'extrême droite qui se battent entre eux pour les égos de leurs petits chefs, ils n'ont jamais réussi à se rassembler même si, dans le Hainaut surtout, ils ont obtenu à quelques élections l'un ou l'autre mandataire. En Flandre par contre le vlaams belang est le second parti des élections du 26 mai 2019 et la NVA sent très mauvais dans cette fosse à purin qu'est désormais la Flandre.

Sur cette page, lancée le 2 août 2019, je vais surtout mettre du texte, appeler mes lecteurs à réagir en commentaires.

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Date de dernière mise à jour : 12/10/2020