18.3.21 De Croo et VDB unis

De Croo - Vandenbroucke: "Face à la situation du Covid qui se dégrade, nous allons tout utiliser"

18/03/21 à 14:22

Mise à jour à 16:44

Olivier Mouton

Olivier Mouton

Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express

Un Comité de concertation aura lieu vendredi à 15h. La volonté de fermer les écoles se heurte au refus des Communautés. Le doute subsiste sur le menu du nouveau tour de vis. "Vaccination, testing, prudence: nous allons tout utiliser", disent le Premier ministre et le ministre de la Santé. Une inquiétude générale au parlement: comment susciter l'adhésion?

La nouvelle dégradation des indicateurs sanitaires et l'annonce soudaine d'un nouveau tour de vis potentiel dans les mesures de lutre contre la Covid ont forcément occupé le devant de la scène, lors des questions d'acutalité, ce jeudi après-midi à la Chambre. Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD) et le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), ont été interpellés par de nombreux députés.

"Vaccination, testing, prudence: nous allons tout utiliser", face à la dégradation de la situation sanitaire, ont dit les deux ministres. Mais Egbert Lachaert, président de l'Open VLD, a résumé l'un des enjeux du moment: la volonté du fédéral d'agir via les écoles se heurte à la "porte fermée" par les Communautés, qui refusent de les refermer.

A l'issue de son intervention à la Chambre, le Premier ministre a annoncé qu'un Comité de concertation aurait lieu par visioconférence, ce vendredi à 15h. Le doute subsiste au sujet du 'tour de vis" qui pourrait être annoncé vendredi.

Deux écoles existeraient, selon les partis et les niveaux de pouvoir. Les uns prônent une fermeture des écoles, avec l'impact immédiat que cela aurait forcément en renforçant le télétravail. Les autres imaginent plutôt une refermeture des commerces (à tout le moins des centres commerciaux), des métiers de contact, avec éventuellement un couvre-feu élargir. Le menu qui serait présenté vendredi, à l'issue du Comité de conertation, pourrait être un compromis entre toutes ces mesures.

Le doute sur la stratégie à suivre a été perceptible lors du débat à la Chambre. Avec une inquiétude générale: "Comment faire pour susciter l'adhésion de la population, alors que le tunnel commence à être très long et que les chaos en matière de testing et de vaccination pèsent dans la balance?

"Je regrette que les Communautés ferment la porte"

Anja Vanrobaeys, députée SP.A, a entamé le débat à la Chambre en regrettant le fait que "les employeurs négligent les règles du télétravail obligatoire". "Pas mal d'employeurs ne font pas d'efforts", dit-elle. Vous avez vu les repésentants des employeurs, mais le message n'est visiblement pas passé." Un simple avertissement n'est plus suffisant, il faut veiller à ce que cette règle soit respectée.

"Il faut être réaliste, les chiffres doivent nous préoccuper, dit Egbert Lachaert, président de l'Open VLD. Il ne serait pas responsable de demander plus d'assouplissements." Il évoque les sources de contaminations principales, dans les entreprises et dans les écoles. "Je regrette que l'on a fermé immédiatement des portes dans les Communautés", dit le président libéral. "S'il faut un durcissement, alors cela doit se faire." C'est une allusion à la volonté du gouvernement fédéral de prendre des mesures dans les écoles, bloquée par les Communautés. Caroline Désir (PS), ministre de l'Education francophone, a déjà souligné qu'il n'était pas question de fermer les écoles.

"Je me fais du souci, enchaîne Nawal Farih (CD&V). A nouveau, des soins hors Covid sont postposés et cela m'inquiète. 50% des cancers en moins ont été dépistés en raison des soins postoposés."

"Mobilisation générale contre le virus"

François De Smet, président de DéFI, s'alarme: "Une fois n'est pas coutume, je voulais vous remercier d'avoir poursuivi la vaccination avec AstraZeneca. Mais malheureusement, nous sommes peut-être au début d'une troisième vague. Nous avons tout fait pour l'éviter, elle est là." Il ne s'agit plus de se battre pour des assouplissements, mais d'une "mobilisation générale" pour lutter contre le virus et de "vacciner, vacciner, vacciner". Ou de développer un "message réellement mobilisateur". "Demain, au Comité de concertation, il ne faudra pas seulement restreindre ou interdire, mais mobiliser."

PS: "Il faut déployer l'artillerie lourde"

Caroline Taquin (MR) insiste sur l'importance de développer enfin la stratégie de testing. "Les chiffres augmentent, c'est alarmant, souligne Peter De Roover, chef de file N-VA. Vous devrez être soutenus par la population. Rouvrir les terrasses, ce n'est pas un assouplissement." Il s'agissait d'une demande formulée pour le 1er avril par le parti nationaliste. Peter De Roover demande encore une vaccination en priorité des enseignants dans les écoles.

Patrick Prévot (PS): "On a l'impression que l'histoire se répète depuis un an. Les mesures prises devront tenir compte de la situation dans les hôpitaux, mais aussi de la santé mentale et de la mauvaise santé financière de certains secteurs. Le tableau n'est pas réjouissant, il faut déployer l'artillerie lourde et faire plus vite, plus fort." Le député socialiste insiste sur le testing et la vaccination. Il salue le "courage" de Frank Vandenbroucke, mais s'inquiète du rythme d'approvisionnement. "Monsieur le Premier ministre, comment comptez-vous susciter l'adhésion?", demande-t-il.

"40% des clusters ont lieu dans les entreprises, essentiellement là où l'on ne peut pas faire le télétravail. La solution, c'est l'inspection dans les enteprises. Pour résoudre ça, vous invitez les employeurs, mais pourquoi pas les syndicats? Il faut tenir compte du monde du travail."

La réponse de De Croo: "Ceal arrive plus tôt"

"Notre pays est sur un plateau haussier, cela correspond à ce que les experts nous prédisaient, dit Alexander De Croo. Mais cela arrive un peu plus tôt. Les tests montent que la situation se dégrade plus vite. "Nous voyons que les plus fortes augmentations se font chez les jeunes entre 0 et 19 ans, prolonge le Premier ministre C'est la raison pour laquelle econcertation a eu lieu entre les ministres de l'Enseignement. Si aujourd'hui, on voit une augmentation nette chez les jeunes, c'est logique qu'on le voit aussi chez les 40-65 ans, leurs parents. C'est là que l'augmentation des hospitalisations est la plus marquée." Les hôpitaux, rappelle-t-il, sont passsés en phase 1B. Alexander De Croo évoque la situation dans les entreprises et le développement d'un système de tests rapides.

"La discussion aura lieu pour les assouplissements, mais pas tout de suite, poursuit Alexander De Croo. Nous devons être particulièrement prudents. Les experts évaluent les chiffres. Soyons clairs, ce sont les chiffres qui doivent nous aider, pas les émotions. Ce qui est important, c'est de sauvegarder les perspectives pour les écoles, le 19 avril et pour le 1er mai. Il faut continuer à respecter les règles."

Vandenbroucke: "Nous allons tout utiliser"

"Nous allons tout utiliser et prendre des mesures, dit Frank Vandenbroucke, pour préserver la reprise des écoles le 19 avril et la réouverture de l'horeca le 1er mai.

Le ministre de la Santé insiste: "Vaccination, testing et prudence; il faut mobilser tout ce que l'on a. Cela ne prendra pas trop longtemps. Et ainsi nous vaincrons."

Dans les réponses des députés, on relève la prudence du duo fédéral et on laisse percevoir une inquiétude sur leur capacité à mobiliser la population, encore et encore. Sans oublier un doute, aussi, sur ce nouveau tour de vis qui pourrait être annoncé vendredi

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